Attempt of Redemption

  • 2012-2013
  • video couleur, muet Color video, mute
  • 11 min 10 sec en boucle 11 min 10 sec in loop
  • Œuvre produite dans le cadre d'une résidence du FRAC Lorraine au centre de Détention d'Ecrouves Artwork produced in the framework of FRAC Lorraine residency at Ecrouves’s detention center

(Fr)
Un terrain de sport. Un groupe d’hommes en mouvement. Scène banale simplement perturbée par l’étrangeté de la répétition des mêmes gestes, du même parcours. Suivant les lignes du terrain de jeu, un homme refait en effet inlassablement des boucles sur lui-même, dans un périmètre restreint, dans une forme d'obéissance à cette organisation spatiale
Cette révolution littérale, close sur elle-même trace le glissement de la topographie vers la psychologie et inversement. Ces hommes sont des détenus et ce parcours répété révèle l'intégration, même inconsciente, de leurs trajectoires circonscrites dans l'univers carcéral et leur conditionnement spatio-temporel.
Cette obéissance à une structure disciplinaire tant physique que mentale offre également et paradoxalement une manière de se ré-approprier le temps. Cet arpentage systématique est du temps en acte : une mesure par la marche, une expérience tangible de l'écoulement du temps. Il évoque la durée étirée jusqu’à l’insupportable ressentie par le détenu et une existence en cellule, rongée par l'ennui et l'attente

(En)
A court in a sports hall. A group of men in movement. An unremarkable scene simply disturbed by the strangeness of the repetition of the same actions, the same circuit. Following the lines of the court, a man goes tirelessly round and round a small area, in a sort of submission to this spatial organisation.
This literal revolution, self-contained, traces the shift of topography to psychology and vice versa. These men are prisoners and this repeated circuit reveals the integration, even if unconscious, of their circumscribed trajectories in the prison world and their spatio-temporal conditioning. This submission to a disciplinary structure, both physical and mental, also paradoxically presents a way to re-appropriate time. This systematic pacing is time in action: measurement by walking, a tangible experience of the passing of time. It evokes the unbearable stretching of time felt by the prisoner and existence in a cell, worn down by boredom and waiting.

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